Quand le cerveau prédit...
07/11/07

À travers une étude publiée en juillet 2007 dans la revue américaine PNAS, les chercheurs du Coma Science Group de l'Université de Liège ont montré, grâce à l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, que le profil adopté par le fonctionnement spontané de notre cerveau quelques secondes avant une stimulation prédit la perception que nous en aurons.

Au sein du Centre de recherches du cyclotron (CRC) de l'Université de Liège (ULg), le Coma Science Group, dirigé par Steven Laureys, maître de recherches au Fonds national de la recherche scientifique (FNRS), déploie une intense activité dans l'étude des états altérés de conscience et de la conscience elle-même. Ses travaux ont fait l'objet de nombreuses publications dans les revues les plus prestigieuses.

En juillet 2007, l'une d'elles, Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS – Etats-Unis), ouvrait ses colonnes à une équipe du Coma Science Group dirigée par le docteur Mélanie Boly, aspirante au FNRS, et Steven Laureys. L'article concerné [1] se référait à une découverte apportant un éclairage nouveau et original sur la conscience, d'une part, sur la perception de la douleur, d'autre part, et ce en relation avec l'activité spontanée du cerveau. Car celui-ci n'est jamais au repos. Personne ne nie, par exemple, que le simple fait de respirer est sous son contrôle. Cependant, la problématique qui nous occupe ici est d'une autre nature : elle a trait au monde de la conscience. Dans ce domaine, l'idée d'une activité cérébrale par défaut (default resting state) est le fruit des travaux du chercheur américain Marcus Raichle, de l'Université de Washington, lequel a montré en 2001, au moyen de la tomographie par émission de positons (TEP) que, consommant plus d'énergie, certaines régions du cortex étaient plus actives que d'autres chez le sujet éveillé inactif.

À vrai dire, cela ne doit pas étonner, puisqu'une personne immobile dans un scanner, les yeux fermés et ne recevant aucune consigne, pense immanquablement à certaines choses que l'expérimentateur ne peut contrôler. Tantôt elle entreprendra un dialogue intérieur (quelle robe vais-je mettre ce soir?, quel titre vais-je donner à mon article?), entendra cette petite voix dont chacun ressent la présence au plus profond de soi ; tantôt elle aura l'attention attirée par des éléments extérieurs, tels les bruits environnants. Bref, elle ne pourra jamais faire fi de son monde intérieur ou du monde extérieur. Il n'est pas étonnant non plus que les régions cérébrales impliquées soient précisément les plus atteintes chez les sujets plongés dans le coma ou dans un état végétatif.

 

[1] BOLY M., BALTEAU E., SCHNAKERS C., DEGUELDRE C., MOONEN G., LUXEN A., PHILLIPS C., PEIGNEUX P., MAQUET P. et LAUREYS S. , Baseline brain activity fluctuations predict somatosensory perception in humans, in PNAS, 2007, 104(29):12187-92.

 

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