Dormir pour mieux apprendre
23/08/07

Le sommeil participe de façon originale à la consolidation de nos souvenirs. En être privé durant la nuit qui suit un apprentissage diurne amoindrit significativement nos performances de mémoire.

Pourquoi dort-on ? Et quel est le rôle des différentes composantes du sommeil, le sommeil paradoxal (Rapid Eye Movement - REM) et le sommeil lent (non REM) ? La question est loin d'être tranchée et plusieurs courants ferraillent sur ce terrain où subsistent autant de doutes qu'il y a de certitudes.

SOMMEIL 1 FR


Les relations entre le sommeil et la mémoire sont au cœur de nombreuses études. Faut-il suivre le prix Nobel de médecine Francis Crick lorsqu'il considère que le sommeil paradoxal, grand producteur de rêves, sert notamment à éliminer des «excédents de mémoire», des souvenirs non pertinents ? Faut-il, au contraire, emboîter le pas à ceux qui attribuent à cette phase de sommeil la mission de stabiliser les traces mnésiques, éléments encore bien mystérieux qui nous permettent de reconstituer nos souvenirs ?

En fait, quoique l'élimination et la stabilisation de telles «empreintes» soient jugées complémentaires par la plupart des neurobiologistes, la théorie de Crick ne semble corroborée actuellement par aucune donnée expérimentale faisant autorité. En revanche, la thèse d'une consolidation des apprentissages durant le sommeil n'est plus sujette à caution. Dormez, dormez, et demain vous serez plus performant ! Non seulement vous aurez mieux récupéré, mais, de surcroît, votre cerveau aura mis la nuit à profit pour «s'imprégner» des données ingurgitées au cours des heures précédentes. Quatre chercheurs du Centre de Recherches du Cyclotron (CRC), Pierre Maquet, Steven Laureys, Philippe Peigneux, aujourd'hui professeur à l'Université Libre de Bruxelles (ULB), et Pierre Orban, ont contribué de façon significative à l'avancée des connaissances en la matière.

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