Une clé pour faire reculer l’arthrose
06/07/12

Jusqu’à présent, on pouvait seulement proposer de réduire les symptômes de l’arthrose… ou  se résoudre à remplacer l’articulation souffrante. Une étude sur une « nouvelle » molécule change la donne. En effet, le ranelate de strontium a freiné la progression de la dégénérescence dans le genou de malades. Des premiers résultats  qui devraient accélérer le mouvement vers une nouvelle piste de traitement.

Merci, merci mille  . Logiquement, voilà ce que les personnes souffrant d’arthrose devraient dire  à celles qui sont confrontées à l’ostéoporose. Pourquoi de tels remerciements ? Une étude (1) vient de montrer qu’une molécule, le ranelate de strontium, prescrite contre l’ostéoporose pouvait modifier l’évolution de l’arthrose du genou. Or c’est bien la première fois qu’un traitement parvient à un tel résultat. Indirectement, l’ostéoporose va donc peut-être changer la manière de considérer – et de soulager- l’arthrose. Pour les patients souffrants d’arthrose, il pourrait y avoir un « avant » et un « après » cette étude, pour laquelle le Professeur Jean-Yves Reginster, directeur de l’Unité de recherche sur le métabolisme de l’os et du cartilage à l’Université de Liège, a été l’un des investigateurs principaux.

Les mystères de l’articulation

En cas d’arthrose dans une articulation (ici, principalement celle du genou, de la hanche mais, aussi, du gros orteil ou des doigts), le cartilage, abîmé, disparaît peu à peu; l’os qu’il recouvre (l’os sous-chondral) va alors devoir directement frotter contre l’os ou le cartilage adjacent, au risque de se fissurer et de provoquer des douleurs. On considère que 10 % de la population est touchée par cette maladie dégénérative articulaire, et les femmes le sont en tout premier lieu.

Cette maladie des articulations – la plus fréquente de ce type de pathologies- se trouve largement associée au vieillissement. Elle est liée, également, au surpoids. Elle peut, aussi, trouver son origine dans des antécédents familiaux. Enfin, elle n’épargne pas les sportifs, en raison des chocs répétés subis par leurs articulations. Chez eux, les « joies » de l’arthrose se rencontrent parfois à un âge précoce. Toutes causes réunies, on estime que 40 % des plus de 65 ans sont concernés par une arthrose du genou ou de la hanche… 

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 « Longtemps, on a considéré que l’arthrose découlait d’un processus de dégénération du cartilage, détaille le Pr Jean-Yves Reginster. Puis, assez récemment, nous avons réalisé qu’il affectait toutes les structures de l’articulation. En effet, l’arthrose est un phénomène complexe, qui comporte une série de problèmes intriqués. Certains sont métaboliques, avec une diminution de la synthèse de la matrice cartilagineuse par le chondrocyte. D’autres sont inflammatoires, avec la libération d’une série de médiateurs par la synoviale (le tissu qui tapisse l’intérieur des articulations). A cela, s’ajoutent également des problèmes mécaniques, avec une sclérose progressive de l’os sous-chondral, situé aux extrémités osseuses, sous le cartilage. Cette sclérose progressive empêche la nutrition du cartilage qui, normalement, se fait par diffusion en provenance de l’os sous-chondral, car il n’y a pas de vaisseaux dans le cartilage. De plus, cette sclérose diminue également l’absorption des chocs mécaniques par l’os sous-chondral : l’intégralité de ceux-ci se répercute sur le chondrocyte. »

(1) Efficacy and safety of oral strontium ranelate for the treatment of knee osteoarthritis ; rational and design of randomised, double-blind, placebo-controlled trial. Cyrus Cooper, Jean-Yves Reginster, Roland Chapurlat, Claus Christiansen, Harry Genant, Nicholas Bellamy, William Bensen, Federico Navarro, Janusz Badurski, Evgeny Nasonov, Xavier Chevalier, Philip N.Sambrook, in Current medcial Research&Opinion. Vol 28.N°2, 2012, 231-239.

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