Un poumon vert à revitaliser
14/05/12

Une telle entreprise participe aussi de la problématique – très actuelle – des économies d’énergie et de la diminution des émissions de CO2. Certes, brûler du bois relâche du dioxyde de carbone dans l’atmosphère, mais la matière ligneuse a permis de stocker du carbone durant de très longues années. « Dans le cas du Sart Tilman, le pouvoir calorifique moyen d’un mètre cube varie de 8.800 à 9.000 Mj/mètre cube, ajoute Jacques Rondeux. On pourrait donc produire annuellement sur la zone retenue, au strict minimum, l’équivalent de 100.000 litres de fuel, bien que le chiffre de 200.000 litres est parfaitement envisageable ». D’autres scénarios sont également envisageables: on pourrait imaginer qu’une petite partie du bois collecté en forêt, au lieu d’être destiné à une utilisation énergétique, soit utilisé comme bois d’œuvre à plus haute valeur économique (menuiserie, charpentes, etc.) et dont le produit de la vente permettrait d’investir en opérations sylvicoles : entretiens, plantations, etc. On pourrait également envisager la plantation de taillis à courte rotation (TCR). Les TCR sont des arbres de petite taille et/ou à croissance rapide, tels que saules ou peupliers, à couper tous les sept à huit ans. Ils pourraient être plantés dans les 7 hectares de zones enherbées que compte le site, par exemple sous les lignes à haute tension, voire sur des terrains n’ayant aucune affectation précise ou ne demandant qu’à être valorisés.  Au passage, signalons qu’un tel système de chauffage à la biomasse permettrait de diminuer les émissions de CO2 des bâtiments de l’ULg d’environ 100 à 400 tonnes, selon que la chaufferie envisagée soit mixte fuel/bois ou strictement alimentée par de la biomasse. Soit 0,13 à 0,49 % du total des émissions du patrimoine bâti de l’ULg.

Voir des arbres tomber, entendre le rugissement des tronçonneuses au Sart Tilman, voilà qui risque de changer quelques habitudes… « Nous en sommes parfaitement conscients, rétorque Jacques Rondeux. Mais qu’il soit bien clair que ce type d’exploitation, prudente et raisonnée, ne va pas troubler fondamentalement la quiétude des lieux, ni même chambouler l’aspect du massif. Toutes les forêts gérées durablement, aujourd’hui, intègrent la fonction productive et économique au sein d’un champ multifonctionnel. Ce dernier, d’ailleurs, a été recherché par les autorités académiques dès la création du site puisqu’il s’agissait de combiner des fonctions récréatives, esthétiques, scientifiques, pédagogiques et liées à la conservation de la nature... La régénération forestière du Sart Tilman permettra, sans nul doute, d’assurer la continuité du massif boisé et de créer une dynamique paysagère. En un mot : montrer qu’une forêt « vit » et qu’elle est capable, par exemple, de renforcer sa capacité à stocker le carbone. Un arbre proche de la mort, en effet, rejette à peu près autant de CO2 qu’il en absorbe ».

fougère-et-bois-mort

Autre avantage : l’inventaire permanent des ressources ligneuses du domaine, appliqué depuis avril 2012, à l’intégralité de celui-ci (540 hectares) peut d’ores et déjà servir de support à de nombreuses activités scientifiques, y compris des travaux d’étudiants de diverses disciplines.« On peut très bien imaginer des travaux de fin d’études destinés, par exemple, à mieux cerner le stock de carbone présent dans la litière, comparer l’évolution d’un taillis sous futaie vieilli à celle d’une zone de même physionomie mais soumise à diverses modalités sylvicoles, étudier la recolonisation des trouées d’exploitation par la végétation naturelle, évaluer le rôle potentiel des taillis à courte rotation dans l’épuration tertiaire (azote et phosphore) des eaux usées rejetées par certaines infrastructures du campus, etc. »

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