Un microstimulateur contre certaines céphalées
07/10/11

Les algies vasculaires de la face (ou « cluster headache ») se caractérisent par des crises douloureuses très intenses centrées sur un œil et accompagnées de signes végétatifs du côté atteint. Parmi les personnes qui y sont sujettes, avant tout des hommes, 10% présentent la forme chronique de la maladie où il n’y a plus de répit et les crises sont quotidiennes.  Parmi eux une majorité devient en plus résistante au traitement médicamenteux. Bonne nouvelle: des chercheurs ont réussi à réduire la fréquence des crises  à l'aide d'un microstimulateur implanté.

migraine medocSi de simples maux de tête nous rendent parfois la vie impossible, ils restent peu douloureux par rapport aux algies vasculaires de la face… Douleurs chroniques unilatérales, celles-ci sont intenses parfois jusqu'à l'intolérable. Les crises peuvent survenir plusieurs fois sur 24 heures, sont souvent nocturnes et durent entre 30 minutes et 3 heures. Outre la douleur, elles s'accompagnent du même côté de congestion nasale, de rougeur de l’œil, de larmoiement et de gonflement des paupières. « Cette pathologie touche une personne sur 1000, une incidence comparable à celle de la sclérose en plaque, explique Jean Schoenen, directeur de l’Unité de Recherches sur les Céphalées de l’Université de Liège au Service Universitaire de Neurologie de l’Hôpital de la Citadelle et au GIGA-Neurosciences du CHU-Sart Tilman. Dans la grande majorité des cas, le traitement le plus efficace de la crise est l’injection sous-cutanée de sumatriptan par auto-injecteur et/ou  l’inhalation d’oxygène pur par masque.. Cependant certains patients ne peuvent recevoir le sumatriptan à cause d’un risque cardiovasculaire trop élevé. De plus, 10% des patients développent la forme chronique de la maladie et deviennent résistants aux médicaments. Ces patients ont leur vie ruinée par la maladie et deviennent suicidaires. » C'est dire si mettre au point un traitement efficace là où les traitements classiques faillissent est une priorité!

Un micorstimulateur à activer soi-même

La cause exacte de ce type de céphalée est encore mal connue mais cela fait plusieurs années que les chercheurs savent que le ganglion sphéno-palatin joue un rôle important dans la survenue et l'entretien des crises. Ce ganglion qui est logé dans la fosse du même nom derrière la mâchoire supérieure et innerve du même côté les glandes de la moitié du visage, est en communication avec les fibres nerveuses du nerf trijumeau qui conduisent la douleur. "Les crises s'accompagnent d'une activation du ganglion sphéno-palatin ce qui  explique des larmoiements, des rougeurs de l'oeil, du gonflement des paupières et de la congestion nasale. Greenfield Sluder, un ORL américain, a été le premier à pointer en 1903 le rôle du ganglion sphéno-palatin. Depuis lors, on sait qu'on peut interrompre une crise en touchant le fond de la narine avec un coton d'ouate imbibé de liquide de Bonain, ce qui paralyse le ganglion tout proche. En se basant sur ces informations, le Dr Jean-Claude Devoghel de l’Université de Liège a mis au point dans les années 1980 un traitement par injection d'alcool dans le ganglion sphéno-palatin via la tempe", explique Jean Schoenen. Comme cette technique donnait de bons résultats, mais des résultats transitoires, on a cherché des moyens pour modifier de façon plus durable le fonctionnement du ganglion.

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