André Monfils, pionnier de l’optique spatiale liégeoise.
13/07/11

Par Théo Pirard

Il y a cinquante ans, dans l’orbite du professeur Pol Swings (1906-1983), André Monfils, un jeune professeur de l’Institut d’Astrophysique de Liège, rassemblait autour de lui une équipe de chercheurs et techniciens pour réaliser des expériences au moyens d’instruments optiques. Cette équipe connue sous le nom d’IAL Space, a grandi pour devenir le CSL (Centre Spatial de Liège) au cœur d’un « spatiopôle ».

Spectroscopie

AMonfils FRAndré Monfils, qui fêtera ses 86 ans en juillet, est le « père » de l’optique spatiale liégeoise. L’association Promoptica , qu’il a créée et animée, lui a rendu hommage au début de ce printemps au Centre Spatial de Liège. C’est son successeur à la tête d’IAL Space, Claude Jamar - aujourd’hui l’administrateur délégué de la société AMOS -, qui a rappelé le rôle clef du professeur Monfils. Un rôle qui a permis à l’Université de Liège d’acquérir sa renommée pour les expériences dans l’espace avec des systèmes optiques.

Originaire de Blankenberge, où il est né le 25 juillet 1925, André Monfils obtient sa licence en chimie à l’ULB, mais c'est à Liège qu'il réalise sa thèse de doctorat en physique. Cette thèse, défendue en novembre 1952, est l’occasion de se spécialiser dans la science, alors en plein essor, de la spectroscopie moléculaire. Ses travaux en spectroscopie infrarouge, Raman et acoustique, en résonance nucléaire quadripolaire donnent lieu à une trentaine de publications qui constituent des références. Au milieu des années 50, il est à Harvard et à Ottawa pour des activités de recherche sous le patronage de Gerhard Herzberg, le Prix Nobel 1971 de Physique. Avec celui-ci, il cosigne des articles sur les molécules d’hydrogène et de deutérium dont la connaissance représente une étape majeure en astrophysique.

De retour au pays en 1958, André Monfils se met au service de l’Année Géophysique Internationale (1957-1958). Aux côtés de Pol Swings, il contribue à l'excellence de la recherche belge. C’est durant cette période que débute l’ère spatiale avec les lancements des premiers satellites en URSS (Spoutnik) et aux Etats-Unis (Explorer). Il devient ainsi possible d’aller « in situ » étudier la haute atmosphère terrestre et observer les effets du rayonnement solaire sur son comportement. L’Europe, qui se doit d’être présente avec ses compétences, éprouve des difficultés à prendre des décisions de manière concertée et coordonnée. Mais la Belgique se montre déterminée à faire éclore et triompher cette coopération européenne dans l’espace. A partir de 1960, les professeurs Swings et Monfils en sont les grands artisans : ils participent à la mise sur pied d’un programme européen de science spatiale au moyen de fusées-sondes et de satellites.

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