L’œuf de Colomb
23/06/11

Le poulet sans salmonelles : bientôt une réalité ? Dans les élevages, en tout cas, la lutte contre la bactérie se fait sans relâche. Quant à la réglementation, elle ne cesse de se renforcer pour protéger le consommateur. Mais l’hygiène la plus stricte ne peut, à elle seule, accomplir des miracles. Tôt ou tard, il faudra sans doute un coup de pouce scientifique décisif.  Celui-ci se prépare à l’Unité de Zootechnie de Gembloux Agro-Bio Tech. La solution ? Dans l’œuf, pardi !

pouletL’année 2011 ne sera probablement pas anodine pour les éleveurs de poulets de chair. Elle devrait, en effet, voir l’entrée en vigueur d’un règlement européen qui instaurera la tolérance zéro pour certaines salmonelles au stade de l’abattoir. Sont concernés les deux sérotypes les plus problématiques en matière de santé publique : Enteritidis et Typhimurium. L’intransigeance de l’Union européenne s’explique très simplement : la célèbre bactérie est la deuxième cause de toxi-infection alimentaire chez l’homme, et la filière avicole est fréquemment pointée pour ses responsabilités en la matière...

Une telle contrainte ne sera rien d’autre qu’une nouvelle épée de Damoclès sur la tête de l’aviculteur. En effet, si les salmonelles n’affectent pas directement la santé de ses poulets ni ne compromettent son élevage, elles pourraient désormais lui causer de nouveaux soucis sur le plan économique. Le secteur est fragile et ses marges bénéficiaires restent limitées. Si la mise en œuvre pratique de cette réglementation n’est pas encore arrêtée à l’heure où nous rédigeons ces lignes, on peut d’ores et déjà affirmer qu’elle entrainera des coûts additionnels pour les éleveurs dont les lots seraient détectés positifs.

Ces dernières années, le secteur de l’élevage avicole a fait des progrès énormes en matière d’hygiène. Il n’empêche que, si l’on se base sur les dernières données disponibles (1), 3,1 % des lots de poulets de chair belges sont encore déclarés positifs trois semaines avant leur abattage, tandis que 6 % des carcasses reçoivent encore un résultat défavorable. C’est inférieur à la moyenne européenne et ce pourcentage ne cesse de diminuer d’année en année. Mais il concerne tout de même, en chiffres absolus, plus de 14 millions d’animaux !

poussin1
Une croissance express

Que faire, puisque l’usage d’antibiotiques à des fins préventives est totalement banni depuis 2006 ? Si les filières ponte et reproduction se sont orientées vers la vaccination avec d’excellents résultats à la clé, la réponse est plus difficile à trouver lorsqu’il s’agit du poulet de chair industriel. Ce dernier se développe en effet sur un cycle extrêmement court : 42 jours entre l’éclosion et l’abattage ! Sur un laps de temps aussi réduit, le système immunitaire de l’animal n’a pas le temps de développer une immunité active par le biais d’une vaccination. En d’autres termes, il n’a pas le temps de produire ses propres anticorps pour se protéger.


(1) Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire, Afsca (rapport 2010)

Page : 1 2 3 suivante