Voler comme une chauve-souris
10/05/11

Le mythe d’Icare revisité

Le vol des chauves-souris pourrait-il intéresser l’industrie aéronautique ? Dans la mythologie grecque, Icare tente de fuir le palais de Cnossos sur l'île de Crète par les airs, en se collant des plumes d’oiseau sur les bras avec de la cire. Volant trop près du soleil, il fait fondre la cire, perd ses plumes une à une et est précipité dans la mer. Dans le droit fil de ce mythe antique, les premières machines « volantes » battaient des ailes, mais toutes se sont brisées sur une réalité : l’homme est trop grand pour s’envoler à la seule force de ses bras, fussent-ils transformés en ailes. Dans la nature, d’ailleurs, il n’y a pas d’oiseau de la taille et du poids de l’être humain (des oiseaux fossilisés comme l’Argentin magnifique  - Argentavis magnificiens - pesaient près de 80kg mais on ne sait toujours pas s'ils pouvaient battre des ailes ou s'ils planaient). En inventant le moteur à explosion, les ingénieurs ont trouvé un mode de propulsion suffisamment puissant pour arracher un homme à la gravité terrestre, sans devoir battre des ailes. Toutes les études en cours sur le vol des oiseaux, des chauves-souris ou des insectes ne sont donc d’aucune utilité pour développer l’avion de demain, qu’il soit militaire ou civil, de chasse ou de transport. Mais la course à la miniaturisation depuis quelques années change la donne. Car le modèle standard de l’aéronautique, des ailes statiques et des hélices, est de moins en moins efficace à mesure que la taille de l’aéronef se réduit. Et en dessous d’une certaine dimension, aucun objet ne peut voler sans battement d’ailes. Dans la nature, d’ailleurs, plus le volatil est petit, plus les ailes doivent battre rapidement pour rester en l’air : celles d’un grand oiseau battent moins de 10 fois par seconde, celles du colibri jusqu’à 80 fois et celles de la mouche plusieurs centaines de fois !

Modèle Bat Drone

La mise au point de drones pourrait bénéficier dans les années qui viennent de nouvelles recherches sur les battements d’ailes. Les drones sont des petits avions sans pilote qui peuvent réaliser des tâches militaires ou civiles (surveillance de territoire, espionnage, surveillance de sites pollués…). Les modèles existants ont une envergure de un à deux mètres. Mais les drones de demain ne seront peut-être pas plus grand qu’une main. Et pour mettre au point des drones de si petite taille, les chercheurs doivent réintroduire le battement d’ailes dans le système. Des chercheurs travaillant pour le compte de la NASA ont ainsi mis au point un « entomoptère », sorte de gros insecte mécanique candidat à un voyage sur la planète Mars, où l’atmosphère est si peu dense qu’aucun avion classique ne pourrait y voler. Il faudrait des ailes dix fois plus grandes que sur la Terre et l’aéronef serait impossible à transporter dans un quelconque véhicule spatial.

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