La transmutation pour un renouveau nucléaire
29/04/11

Les réacteurs nucléaires de nouvelle génération, pilotés par un accélérateur, seront-ils le signe d’un renouveau nucléaire… malgré les problèmes rencontrés par des réacteurs japonais suite au séisme et tsunami qui ont frappé l’archipel ? Ces systèmes permettront en effet une meilleure gestion des produits issus des centrales traditionnelles, en recyclant des matières fissiles comme l’uranium et le plutonium et en transformant par transmutation les déchets à longue durée de vie (actinides mineurs). La transmutation naturelle des radioéléments est très lente : il faut par exemple plusieurs centaines de milliers d’années à un atome de plutonium pour se transformer en plomb. Leur enfouissement dans le sol en attendant la disparition de leur radiotoxicité n’est donc guère une solution satisfaisante. Les réacteurs de nouvelle génération offrent une solution plus rapide et plus sûre : en irradiant les radioéléments qui ne peuvent être recyclés, ils permettront de les transformer en déchets à durée de vie plus courte.

A ce jour, il n’existe encore aucun réacteur de cette nouvelle génération en fonction. Mais l’Union européenne vient de financer un grand projet pilote MYRRHA (Mutlipurpose hYbrid Research Reactor for High-tech Applications). Il sera construit  en Belgique, à Mol, sur le site du Centre belge d’étude de l’Energie Nucléaire (CEN) qui gère le projet. Sa mission ? Tester la transmutation des déchets radioactifs à longue durée de vie, mais également étudier les propriétés des matériaux sous radiation.

 



A la base du processus de transmutation se trouvent les réactions nucléaires de spallation que Davide Mancusi, chercheur au département d’Astrophysique, de Géophysique et d’Océanologie (AGO) de l’ULg, étudie depuis plusieurs années. Etymologiquement, spallation signifie extraction. Une réaction de spallation consiste à envoyer une particule de haute énergie, souvent un proton, sur un noyau qui éjecte alors différentes sortes de particules. Parmi elles, on trouve des neutrons qui peuvent être envoyés sur des déchets de centrales nucléaires pour leur transformation. D’autre part, une réaction de spallation laisse aussi derrière elle un noyau résiduel chaud qui va se désexciter. Deux modes de désexcitation lui sont offerts : la fission et l’évaporation.

Implantation myrrha

Page : 1 2 3 4 suivante