WR22 : une étoile en question
04/07/11

La nébuleuse de la Carène est connue comme étant l’une des plus grandes pouponnières d’étoiles massives de notre Galaxie. Parmi la faune stellaire qui peuple la Carène, c’est WR22 qui retient plus particulièrement l’attention du Groupe d’AstroPhysique des Hautes Energies (GAPHE) de l’ULg. Une étoile qui a réservé bien des surprises aux astronomes.

Véritable joyau du ciel austral, la majestueuse nébuleuse de la Carène, alias NGC 3372 pour les pros, s’étend sur plus de 300 années-lumière. La région est sculptée par de nombreux filaments de gaz et de nuages de poussière. Comme la célèbre nébuleuse d’Orion dans le ciel boréal, la nébuleuse de la Carène fait le bonheur des petits et des grands astronomes amateurs puisqu’elle est déjà aisément visible à l’oeil nu, malgré les 7500 à 8500 années-lumière qui nous séparent d’elle. Elle est donc plus de cinq fois plus éloignée de nous qu’Orion.

 

Si la nébuleuse de la Carène est une cible des astronomes amateurs toujours à l’affût des plus beaux clichés, elle est également très prisée par les plus grands télescopes du monde qui nous introduisent dans l’intimité des étoiles en formation. En effet, cette région est connue comme étant l’une des plus grandes pouponnières d’étoiles de notre Galaxie. Elle abrite de nombreuses étoiles jeunes et massives, comme la célèbre et unique η Carinae dont la masse est, pense-t-on, plus de 100 fois supérieure à celle du Soleil (concernant l’étude des vents stellaires de η Carinae, lire l’article Collision de vents stellaires).

Etoile CarinaeLes étoiles massives sont intéressantes car leur masse les amène à suivre un chemin d’évolution très différent de celui parcouru par les étoiles plus communes, comme notre Soleil. Au début, elles s’effondrent sur elles-mêmes sous l’effet de leur propre attraction gravifique, comme toutes les autres étoiles, mais les températures atteintes en leur centre sont beaucoup plus importantes, entraînant un emballement des réactions nucléaires et une accélération de l’évolution. De plus, pour évacuer l’énergie emmagasinée dans son coeur, une étoile massive émet de grandes quantités de photons tellement énergétiques qu’ils éjectent les couches extérieures de l’étoile sous forme de vents pouvant atteindre des vitesses de 2000 km/s, voire plus. Ces vents correspondent à un taux de perte de masse très élevé et à un enrichissement du milieu interstellaire en éléments lourds formés à l’intérieur de l’étoile... alors que les étoiles de faible masse ne perdent quasiment pas de matière sous forme de vent.

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