Un premier facteur génétique de la migraine "commune"
23/11/10

L’analyse du génome de 50.000 personnes a permis à une équipe internationale de chercheurs de découvrir une particularité génétique plus fréquente chez les migraineux. Il s’agit du premier lien génétique formel pour les migraines avec et sans aura, formes les plus communes de cette maladie. L’ULg a contribué à récolter 10% des données nécessaires à cette étude.

migraine schoenenLa migraine est une affection très répandue qui touche plus de 10% de la population dont trois fois plus de femmes que d’hommes (lire l'article «Les multiples facettes de la migraine»). Malgré sa grande prévalence et les nombreuses études scientifiques qui ont été et sont toujours menées pour mieux comprendre son origine et mieux la traiter, la migraine garde encore des mystères, notamment en ce qui concerne les mécanismes génétiques impliqués dans son déclenchement.

Il existe plusieurs types et sous-types de migraines parmi lesquels on compte la migraine hémiplégique familiale, un sous-type rare de cette affection. Si les chercheurs ont réussi à mettre le doigt sur plusieurs mutations de gènes responsables de la migraine hémiplégique familiale, leurs efforts étaient jusqu’ici resté vains en ce qui concerne les formes plus communes de la migraine.

Mais récemment, une équipe internationale de scientifiques a mis au jour une première particularité génétique de susceptibilité à la migraine avec aura ou sans aura, formes les plus communes de cette maladie. Les résultats de cette étude ont été publiés fin août dans la revue Nature Genetics (1).  « C’est le premier lien génétique irréfutable pour les formes de migraines les plus fréquentes », explique le Professeur Jean Schoenen, directeur de l’Unité de Recherche sur les Céphalées (Département de Neurologie et GIGA-Neurosciences) de l’ULg, un des auteurs de cette étude qui y a participé dans le cadre du projet européen « Eurohead ».  « Des liaisons à au moins 18 sites chromosomiques ont été suspectées chez les migraineux, mais ces associations n’ont jamais été répliquées jusqu’ici, et restent dès lors douteuses », poursuit Jean Schoenen.

Rassembler les efforts par delà les frontières

Pour pouvoir attester l’existence d’un lien entre la présence d’une particularité génétique dans le génome humain et une susceptibilité accrue à la migraine, l’analyse de l’ADN d’un très grand nombre de patients migraineux est nécessaire. De plus, il faut que les résultats obtenus puissent être répliqués. C’est précisément ce que les chercheurs de 40 centres de recherche en Europe sont parvenus à faire. En rassemblant leurs efforts, ils ont en effet pu étudier les données génétiques de plus de 50.000 individus et comparer ainsi un très grand nombre de génomes de personnes souffrant de migraines et de personnes « saines ».

 

(1) Anttila, V., et al. (2010) Genome-wide association study of migraine implicates a common susceptibility variant on 8q22.1. Nature Genetics Published online: 29 August 2010.

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