Les pucerons trahis par leurs odeurs
08/10/10

Pour lutter contre les ravageurs des cultures, tel que le puceron, tout en limitant le recours aux pesticides, une des solutions consiste à attirer leurs prédateurs là où ces insectes prolifèrent. Une des pistes explorées pour atteindre ce but consiste à extraire des molécules odorantes, émises par les pucerons et perçues par leurs prédateurs, et de les « larguer » dans les champs. Parmi ces molécules on compte la phéromone d’alarme des pucerons sur laquelle se sont penchés des chercheurs de l’ULg.

Elles sont invisibles à l’œil nu et pourtant elles régissent bon nombre de comportements au sein des règnes animal et végétal. L’homme lui-même, malgré ses capacités cognitives développées et sa tendance à vouloir tout contrôler, reste encore aujourd’hui tributaire de ces « molécules souveraines ». Celles qui ont le pouvoir d’influencer les comportements des animaux et des plantes, les menant par le bout du nez, s’appellent « phéromones ». Ces substances chimiques, souvent volatiles, émises par la plupart des animaux et certains végétaux, agissent comme des messagers entre les individus d’une même espèce.

coccinelle puceron

Une alarme odorante face aux prédateurs

A la base d’une véritable communication chimique, les phéromones  sont classées selon le type d’information qu’elles véhiculent. Parmi celles-ci on compte des phéromones de territoire, des phéromones sexuelles, des phéromones de trace, des phéromones d’agrégation ou encore des phéromones d’alarme. C’est sur ce dernier type de phéromones que se sont penché le Professeur Eric Haubruge et François Verheggen, premier assistant, de l'Unité d’Entomologie fonctionnelle et évolutive de Gembloux Agro-Bio Tech (Université de Liège). Fort de leur expérience dans ce domaine de recherche, les deux scientifiques ont récemment été sollicités pour écrire un chapitre sur les phéromones d’alarme dans le règne animal, paru dans le volume 83 de «Vitamins and Hormones» dédié aux phéromones au sens large (1).  

« Nous avons beaucoup travaillé sur les insectes ravageurs des cultures », explique François Verheggen. « Ils utilisent des odeurs pour informer leurs congénères de la découverte d’une source de nourriture, de leur recherche d’un(e) partenaire sexuel mais aussi pour les avertir de la présence de prédateurs. Dans ce cas, le message est tout simplement "je suis attaqué, fuyez !″ », poursuit le chercheur.

(1) Verheggen, F., Haubruge, E., & Mescher, M. (2010). Alarm pheromones. In G., Litwack (Ed.), Pheromones. Vitamins and Hormones series, Vol 83, Elsevier press. ISBN 978-0-12-381516-3.  

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