Les relations belgo-allemandes de 1944 à 1958
27/11/09

Le traité belgo-allemand de 1956

anerouxLa seconde partie de l’étude de Christoph Brüll, de 1949 à 1958, rejoint maintenant une histoire diplomatique plus classique, où la perspective des «concernés» apparaît moins prégnante. L’ultime étape marquante des relations belgo-allemandes est assurément le traité belgo-allemand de 1956, soit deux ans après l’échec de la CED (Communauté européenne de défense), un an après le recouvrement complet par l’Allemagne de sa souveraineté et la même année que l’opération de Suez. On se souvient que les Etats-Unis avaient purement et simplement imposé la fin de l’opération menée par les Français, les Britanniques et les Israéliens… Le monde change de visage, les blocs se forment, les anciens acteurs cèdent leur place aux Etats-Unis, la décolonisation n’est plus très loin, le traité de Rome (1957) sera bientôt signé… «Ce n’est donc pas un hasard si le traité entre la Belgique et l’Allemagne est signé à ce moment-là, explique Christophe Brüll, mais il est loisible de remarquer malgré tout qu’il intervient avant ceux que les Français (traité de l’Elysée de 1963) et les Néerlandais ont conclus avec les Allemands. Ce traité de 1956 règle la question frontalière en rendant les territoires placés sous administration militaire à l’Allemagne et comporte plusieurs autres volets, dont la culture et des compensations pour les victimes du nazisme. Il revêt une importance particulière dans les relations entre les deux pays, parce que c’est la première fois que les frontières, qui sont officiellement ouvertes, sont définies librement et que tout ce qui avait pu poser problème dans l’entre-deux-guerres (la Vennbahn, les contrôles douaniers, etc.) a été aplani.» En synthèse, on relèvera que tant la volonté politique affichée des deux côtés que le contexte politique général et de guerre froide ont permis cette réconciliation et ce succès politique. Sur le plan sociétal, en revanche, les choses sont sans doute plus nuancées, ces questions étant souvent plus difficilement accessibles à l’historien. «Durant ce processus d’apprentissage mutuel, conclut Christoph Brüll, on a à l’évidence voulu éviter les erreurs de l’entre-deux-guerres et les sentiments de vengeance. Les ressentiments sont là – le contraire eut été improbable -, mais les impulsions politiques, émanant notamment d’un Paul-Henri Spaak, se sont avérées le meilleur moyen pour éviter de sombrer à nouveau dans les affres du passé.»

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