Paul Jaspar, figure marquante de l’architecture liégeoise
04/12/09

Du classicisme à l’Art nouveau

Maison RassenfosseTrès éclectique dans sa jeunesse (immeuble Lechanteur, maisons Dery et Aretz, etc.), Paul Jaspar n’embrassera l’Art nouveau que relativement tard, en 1895, soit deux ans après les premières réalisations bruxelloises, avec la construction de la maison Bénard, située rue Lambert-le-Bègue à Liège puis de celle, un an plus tard, de l’avocat et député libéral Charles Magnette. «Par sa qualité architectonique et par la personnalité de son commanditaire, explique Sébastien Charlier, la maison Bénard peut être considérée comme une synthèse de la modernité liégeoise de la fin du 19ème siècle avant les expressions plus radicales qui apparaîtront à partir de 1900. Ce qui le pousse vers cette voie, c’est non seulement ses contacts avec Paul Hankar et l’influence que ce dernier exerce sur lui au plan artistique, mais aussi le fait qu’il évolue au sein de sociétés d’avant-garde liégeoises et entend les débats à Liège autour de l’architecture moderne.» Dans la plus pure tradition de l’Art nouveau, Jaspar va s’atteler, le plus souvent à la demande de ses commanditaires, à la conception d’éléments de mobilier et de décorations intérieures : portes coulissantes, ferronneries, vitraux, armoires, châssis de fenêtre, manteau de cheminée, etc. Au cours de la même période, en 1898, il réalisera aussi sa première construction dans le style néo-mosan, rue Saint-Gilles, pour le peintre et graveur Armand Rassenfosse, qui permettra à Jaspar «d’affirmer sa place d’architecte moderne dans un milieu d’artistes tournés vers l’avant-garde». Sa réputation bien assise et débordant maintenant largement des frontières de la Principauté, Jaspar participera à de nombreux salons internationaux et manifestations, dont les expositions universelles de Paris en 1900, Liège en 1905, de Bruxelles en 1910 et de Gand en 1913. Prolifique, l’architecte liégeois s’essaiera aussi à la conception de cottages et autres villas jusqu’en 1914, où il s’adonnera davantage à des occupations plus patrimoniales et urbanistiques. Après l’armistice, il participera à la reconstruction et s’attellera à la réalisation de trois grands projets : la reconstruction de l’hôtel de ville de Visé, l’encadrement de la reconstruction de la ville de Dinant et un projet de monument commémoratif de la Défense nationale à liège, projet qui, en dépit d’un fort soutien notamment médiatique, n’aboutira pas, faute de crédits. A partir de la fin des années 20, Jaspar réduira la voilure, ses activités se limitant à quelques projets familiaux et personnels, notamment la transformation de bâtiments lui appartenant ou la construction de maisons au profit de membres de sa famille. Âgé de 86 ans, il mourra en 1945, frappé par une congestion cérébrale, quelques jours à peine après la libération de sa ville bien aimée...

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