Forêts et prairies: des puits de carbone
20/11/09

2003, année noire

Mais pour combien de temps ? Quel sera le comportement des écosystèmes –notamment forestiers- au cours du XXIème siècle, alors que les projections du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) tablent sur une augmentation de 2 à 6 degrés d’ici à 2100 ? A ce stade, personne ne peut répondre avec certitude. Toutefois, les diverses mesures réalisées à l’occasion d’événements extrêmes, comme la sécheresse qui s’est abattue sur l’Europe en 2003, apportent quelques éléments de réponse. Pas forcément rassurants... «Cet été-là, le comportement des écosystèmes s’est en quelque sorte inversé, constate Marc Aubinet. Au lieu de séquestrer le carbone, les écosystèmes terrestres ont relâché dans l’atmosphère 500 Tg de carbone, soit une quantité à peu près équivalente à celle qui est normalement séquestrée au cours de deux années et demi! L’augmentation de la fréquence de tels événements extrêmes risque donc fortement de diminuer le potentiel de séquestration des écosystèmes terrestres.»

Dispositifs mesure

Que s’est-il passé exactement en 2003 ? Il semble que deux phénomènes aient joué en sens inverse. D’une part, la sécheresse aurait ralenti l’activité des micro-organismes, induisant une diminution de la respiration des écosystèmes forestiers et, par là, de l’émission de CO2. Mais, d’autre part, elle aurait également ralenti l’assimilation de carbone par les plantes. Ce deuxième phénomène aurait pesé davantage que le premier, entraînant finalement une émission nette de carbone. Ce phénomène n’a pas été ressenti partout: très paradoxalement, l’année 2003 s’est soldée, à Vielsalm, par l’une des plus importantes séquestrations de carbone des treize années étudiées. Pourquoi ? Les causes exactes de ce comportement particulier restent à découvrir.

Cette zone d’ombre est loin d’être unique. En effet, même en dehors de tout événement extrême comme celui de 2003, l’observation des flux de carbone montre des fluctuations annuelles importantes. Ainsi, à Vielsalm, au cours de ce même laps de temps (treize ans), la séquestration d’un hectare de forêt a varié au sein d’une fourchette allant de 3,8 à 6,4 tonnes de carbone par an. Pour réaliser de quoi on parle, il s’agit des rejets de carbone d’une voiture de petite cylindrée roulant, selon les années, de 131 000 à 221 000 kilomètres. «A l’heure actuelle, les causes ces variations restent largement méconnues, reconnaît Marc Aubinet. Elles ne sont en tout cas pas directement liées aux conditions climatiques moyennes.»

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