La migration des neurones sous l’aile d’Elongator
12/05/09

Quel scénario pour la suite d’« Elongator » ?

Comme le relève Alain Chariot, «on peut se poser la question de l’intérêt pour des chercheurs belges d’étudier une maladie orpheline comme la dysautonomie familiale, qui ne concerne pas de patients en Belgique». Au-delà du dysfonctionnement d’Elongator observé dans le cas de cette maladie, les chercheurs sont parvenus à élucider des voies biologiques qui pourraient s’avérer beaucoup plus larges. «C’est ça l’intérêt, c’est d’essayer d’élargir les contextes physiologiques et physiopathologiques qui font intervenir Elongator», explique Alain Chariot. «Le pouvoir invasif et métastatique des tumeurs, par exemple, requièrent aussi énormément de migrations. Dans quelle mesure ces migrations font-elles intervenir le complexe Elongator ? Ce sont des travaux qui sont en cours», poursuit le spécialiste en « transduction du signal ».

D’autre part, le déficit d’acétylation de la tubuline alpha semble être un déficit moléculaire commun à des maladies neurodégénératives assez différentes telles que la dysautonomie familiale, la sclérose latérale amyotrophique et la maladie d’Huntington. «Malgré des symptômes bien distincts, ces maladies ont des points communs au niveau des dérégulations moléculaires. Ces exemples précis montrent bien à quel point les problèmes d’acétylation peuvent être importants dans la progression de toute une série de pathologies», indique Alain Chariot. Ainsi, partis de l’étude du dysfonctionnement d’Elongator chez les personnes atteintes de dysautonomie familiale, Alain Chariot et Laurent Nguyen ont parcouru un long chemin pour aboutir au lien entre ce complexe et l’acétylation de la tubuline alpha des microtubules, nécessaire au remodelage du cytosquelette des cellules lors de leur migration.

Une prochaine étape de leur recherche sur Elongator consiste, entre autres, à essayer d’identifier d’autres substrats de la sous-unité ELP3 de ce complexe protéique. «Il existe une multitude de protéines dans le cytoplasme qui sont acétylées et la fonction de leur acétylation n’est pas toujours bien connue», souligne Laurent Nguyen. Autre volet qui sera prochainement abordé dans le cadre de cette recherche : la migration des neurones inhibiteurs. «Les interneurones utilisent des modes de migrations complètement différents des neurones de projections, il est donc intéressant de voir si, privés d’un complexe Elongator fonctionnel, ils présentent des problèmes similaires», conclut le neurobiologiste A l’image des productions multiples qui ont suivi le premier volet de «Terminator», on ne peut qu’espérer que l’étude d’Elongator entraîne encore de nombreuses découvertes.

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