Objet de la recherche
Le développement durable et la sauvegarde de l’environnement passent par la modification de nos comportements individuels. Un ensemble de recherches menées par l’Unité de Psychologie Sociale de l’ULg montrent que l’ambivalence de l’attitude par rapport à l’écologie, c'est-à-dire la coexistence d’attitudes d’une part positives et d’autre part négatives, influence négativement les intentions et les comportements écologiques. Ces recherches montrent également qu’un sentiment de culpabilité peut mener à adopter davantage de comportements favorables à l’environnement.
La sauvegarde de l’environnement est au cœur de nombreuses préoccupations. On parle de plus en plus de réduire notre empreinte écologique, c'est-à-dire la superficie nécessaire pour subvenir à nos besoins (produire tout ce que nous consommons et absorber nos déchets). Or cet objectif passe notamment par la modification des comportements individuels. De nombreuses campagnes de marketing tentent d’amener les individus à modifier leurs comportements. Mais malgré l’omniprésence des messages écologiques et une attitude généralement positive face à l’écologie, on constate encore peu de changements. Comment amener les individus à adopter davantage de comportements favorables à l’environnement ? L’Unité de Psychologie Sociale de l’ULg, en collaboration avec des chercheurs en marketing de la K.U.Leuven et des Asbl de terrain, s’est penchée sur deux mécanismes qui influencent ces comportements : l’ambivalence des attitudes et les émotions morales.
L’ambivalence des attitudes
Généralement, les attitudes sont considérées comme des jugements unidimensionnels, soit positifs, soit négatifs. Ainsi, on se réfère à l’attitude des individus par rapport à une problématique ou à un comportement en disant qu’ils y sont soit favorables, soit défavorables. Par exemple, les individus peuvent se déclarer plutôt favorables à une utilisation réduite des automobiles car cela contribue à la réduction des émissions de CO2.
Cependant, la situation est souvent plus complexe. Les individus ne sont pas nécessairement favorables ou défavorables à une problématique ou un comportement mais peuvent avoir les deux attitudes en même temps, ce qui est souvent le cas face à l’écologie. Par exemple, je peux d’une part être favorable à une moindre utilisation de ma voiture car cela réduit mon impact négatif sur l’environnement et, d’autre part, me sentir réticent(e) à abandonner mon véhicule car cela me privera de ma liberté. Plus une personne a à la fois une attitude positive et une attitude négative, plus on dira qu’elle a une attitude ambivalente.
Les recherches de l’Unité de Psychologie Sociale de l’ULg montrent que cette ambivalence influence négativement les intentions et les comportements écologiques. Ainsi, outre les prédicteurs « classiques » des intentions et des comportements que sont l’attitude générale, le contrôle ressenti face au comportement et la norme sociale, l’ambivalence influence à la fois les intentions et toute une série de comportements écologiques tels qu’éteindre systématiquement la lumière en quittant une pièce ou utiliser un sac réutilisable pour faire ses courses. Plus l’attitude des individus est ambivalente, moins ils ont ces comportements écologiques et moins ils ont l’intention de les avoir.