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L'informatique fait désormais partie de notre quotidien, si bien que
les événements issus du monde des développeurs et des marchands de
logiciels se retrouvent régulièrement à la une du Soir.
Il est parfois question des nouvelles innovations de Google ou des
dernières tractations de Microsoft, parfois des noms de logiciels
libres Firefox et OpenOffice apparaissent en gros caractères.
Les logiciels dits «libres» se définissent comme des programmes dont le
code source (texte écrit dans un langage technique compréhensible par
la machine) est public. Cette ouverture qui fait d'eux une partie du
patrimoine intellectuel de l'humanité (et, incidemment, les rend
gratuits) constitue leur originalité. C'est sur les plans juridique,
social et économique qu'ils se distinguent des logiciels propriétaires,
bien plus que sur le plan technique.
Comme chacun d'entre
nous, Tom est pour ainsi dire obligé de trouver une place dans le monde
de l'informatique. Souvent un peu perdu, il compte sur son voisin, qui
«trouve» sur internet les nouvelles versions des logiciels installés
sur l'ordinateur lors de son achat : Windows, Outlook, Word, Photoshop.
Ce même voisin lui a appris à se servir de ces logiciels et à
télécharger de la musique facilement.
Très commune, une telle situation nous apparaît même légitime.
Pourtant, la licence qui protège ces logiciels propriétaires en
interdit la copie. Les canaux d'échange de logiciels sont ainsi «hors
la loi», et rien ne garantit que les versions «trouvées» sur internet
soient exemptes de logiciels espions ou de virus. Tom et son voisin se
retrouvent en situation d'illégalité et mettent en danger leur
ordinateur ainsi que leurs données.
Ayant délibérément créé cette situation, les multinationales
n'intentent aucun procès pour l'instant. Elles parient sur le fait que
nous optons, par facilité, pour les logiciels installés sur
l'ordinateur lors de son achat. De fait, c'est souvent ce qui se
produit.
Aucun choix n'est réellement posé par les utilisateurs : le marché choisit pour eux, à la maison et au travail
Pour
leur part, les promoteurs des logiciels libres estiment que l'entraide
entre voisins ne devrait pas conduire à ce genre de situation. Si le
voisin de Tom lui avait installé les logiciels libres Ubuntu (système
d'exploitation), Thunderbird (courrier électronique), OpenOffice
(traitement de texte, tableur, etc.) et TheGimp (manipulation d'images)
au lieu des logiciels propriétaires cités, Tom aurait accès à des
fonctionnalités similaires et serait en sécurité. | |
Soucieux de leur probité, de nombreux utilisateurs de logiciels
propriétaires payent les droits relatifs à leur utilisation. C'est
notamment le cas des PME et des administrations, qui ne seraient pas
épargnées par les entreprises détentrices des brevets, mais également
de nombreux privés voulant agir en toute légalité.
En définitive, aucun choix n'est donc réellement posé par les
utilisateurs : le marché choisit pour eux, d'abord à la maison, puis au
travail. De cette manière, les habitudes prises chez soi représentent
donc un coût élevé pour l'entreprise et la collectivité. Par ailleurs,
avec l'opacité du logiciel propriétaire, rien ne permet de garantir que
les données privées ne sont pas envoyées, à l'insu de l'utilisateur,
aux multinationales qui les contrôlent. Sans sombrer dans la paranoïa,
cette incertitude donne à réfléchir : ces logiciels équipent les
ministères, les administrations, l'industrie et les banques ; en
recourant à ces logiciels, le secteur privé comme l'administration
publique fait implicitement confiance à ces multinationales, pari
audacieux, sinon risqué. Et si le logiciel contient une «faille de
sécurité», combien de temps faudra-t-il au fabricant pour traiter le
problème ?
Dans ce cadre, les logiciels libres ont beaucoup à
offrir. Tout d'abord, ils constituent une alternative gratuite, sans
obliger notre patron ou nos services publics à verser un tribut à une
multinationale. Ensuite, leur ouverture autorise qui le désire à en
étudier le code. Les utilisateurs peuvent ainsi se reposer sur une
communauté d'experts capables d'évaluer l'honnêteté et la fiabilité de
ces logiciels. Transparence en est donc le maître-mot.
Les entreprises ne publient pas des logiciels libres par philanthropie.
Elles posent souvent ce choix pour tirer parti du potentiel de la
communauté des logiciels libres : le développement de Firefox ou
d'OpenOffice est secondé par des milliers de programmeurs dans le monde
entier, ce qui ne serait possible qu'à un coût élevé dans un cadre
propriétaire. Si une entreprise décide de développer un logiciel libre
pour ses besoins internes, cette communauté l'aidera à le perfectionner
et proposera des améliorations originales.
En outre, d'un
point de vue légal, les logiciels libres sont protégés par des licences
qui garantissent leurs vertus fondamentales (ouverture et liberté). Les
entreprises qui les promeuvent s'assurent ainsi qu'aucun concurrent ne
pourra impunément s'approprier leur travail, en fermer le code ou s'en
attribuer la paternité.
Au vu de tous ces avantages, pourquoi ne pas libérer notre ordinateur et choisir les logiciels libres |