Mai 68 en affiches et caricatures

ProtestePar Marie Liégeois

Autonomisation, revendications, liberté d’expression : outre au cœur des meetings et débats, Mai 68 s’est déroulé sur les murs des cités, dans les colonnes des journaux d'étudiants. La contestation se dessine et se caricature, avec férocité, humour, intelligence.

Pas de «révolte» sans mobilisation. Dès les premiers mouvements de 1968, Philippe Gibon - qui ajoute un second b lorsqu'il use de son «nom de singe» – et Dacos créent l'atelier populaire de Liège (ATPOPLG). Au sortir des réunions, les affiches sont dessinées et imprimées pendant la nuit, pour être collées dès l'aube. Appels à des manifestation, dessins virulents, messages de contestation: Philippe Gibon, alors étudiants en Romane, se souvient de l'effervescence qui régnait. Celui qui fit de ses talents d'artiste son métier expose durant tout ce mois de mai à l'ancienne église Saint-André. Affiches de l'époque y côtoient ses gravures, dessins, sculptures et calligraphies. En outre, le Centre de la gravure de La Louvière consacre une exposition aux affiches de Mai 68, françaises ou belges, dont une large série issue de l'ATPOPLG.

Outre sur les affiches, c'est dans la presse estudiantine que les caricatures traduisent les revendications. Au sein du journal L’Oeil écoute, où le recteur Marcel Dubuisson en prendra pour son grade, c’est un certain Pierre De Meyts, alors étudiant en médecine, qui croque les rebondissements de 68. Ce cartooniste politique et scientifique, aujourd’hui installé au Danemark, signait alors de son pseudonyme, «Chuck».

Autre étudiant militant, Daniel Droixhe livra une série de dessins et caricatures pour le journal des étudiants en romanes, le Romaniaque, créé durant les événements de 68. Le côté potache y côtoie l’engagement pour un changement des mentalités au sein de l’université et pour la remise en question du système d’interrogation. Plusieurs professeurs de la section, particulièrement les «fils de profs» accusés de former des dynasties, s’y verront malmenés…

Infos:

Rétrospective Philippe Gib(b)on, Mai 1968-Mai 2008, du 1er au 31 mai, ancienne Eglise Saint-André, 27 place du Marché à Liège. Entrée libre, ouvert du mardi au samedi de 13 à 18h et les dimanches de 11 à 16h.

Exposition «Mai 68 – Mais oui! L'imagination au pouvoir», jusqu'au 17 août au Centre de la gravure et de l'image imprimée, 10 rue des Amours à La Louvière. Renseignements sur www.centredelagravure.be

www.philippe-gibbon.eu/jazz.htm

 

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