Les associations ne sont plus des fantômes
09/11/07

Les autres données présentées dans le compte satellite portent, pour la plupart, sur les variables traditionnelles des comptes nationaux : production marchande et non marchande, composition de la valeur ajoutée, nombre d’heures prestées, détails des coûts de production et des ressources (ventes, subsides, dons), fiscalité, investissements, etc.

Les tableaux sont articulés avec les comptes nationaux. Cela permet de replacer la statistique associative dans le cadre de l’ensemble de la statistique économique et d’évaluer la contribution des associations au produit intérieur brut (5 %) ou à l’emploi (10,5% en nombre de salariés, mais ce dernier résultat avoisinerait 15 % si le compte satellite incluait les établissements scolaires organisés en associations), de mesurer l’importance du financement des associations dans les budgets des administrations publiques, d’envisager des comparaisons au sein d’une même branche entre les associations et les autres prestataires, qu’ils soient publics ou privés.

Un outil pour les responsables politiques

Un des apports du compte est qu’il a mis en lumière la sous-estimation de la production des associations. Mais un autre apport important réside dans l’aide que peuvent apporter les tableaux du compte pour structurer certains débats de politique économique et sociale. Il offre en effet une vision macroéconomique du rôle que jouent les associations dans la satisfaction de certains besoins exprimés par la société et décrit leurs coûts et leurs ressources en utilisant le cadre familier de la comptabilité nationale. Les décideurs peuvent y trouver des éléments susceptibles d’alimenter les débats de politique économique et sociale (données budgétaires, données d’emploi, indicateurs de production, etc.). Il faut toutefois nuancer cet apport : dans la mesure où de nombreuses compétences des pouvoirs publics sont désormais attribuées à des niveaux de pouvoirs décentralisés, les données nationales rassemblées dans le compte satellite devraient à l’avenir être détaillées pour éclairer les prises de décisions décentralisées.

S’il devient possible de comparer la part de marché et les structures de coûts des différents types de prestataires (associatifs, publics ou privés à but de lucre) dans une branche d’activité (exemple : l’accueil de la petite enfance), le compte satellite ne résout pas pour autant la question de l’évaluation en volume (et en qualité) d’une production (en partie) non marchande. Dans une perspective d’analyse coûts/bénéfices des différents types de prestataires, des données complémentaires sur la qualité des services, par exemple, devront être récoltées par les équipes de recherche qui entendent utiliser le compte à cette fin. Les recherches menées actuellement par le Centre d'Economie Sociale de l'ULg s'attèlent à élaborer ce genre de mesures. Elles visent aussi à améliorer la compréhension des résultats du compte et à affiner le niveau de détail de certaines informations livrées par le compte satellite.

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